Le Covid19 a surpris. Il a fondu sur le monde comme un éclair et tout s’est arrêté. Ce qui paraissait fonctionner sans limite subitement s’est immobilisé. La position statique permet l’étude approfondie. Mais certains n’avaient pas attendu cet instant pour réfléchir aux issues. Le Shift Project, un think tank français ou groupe de réflexion a, depuis 2010, élaboré de nombreuses solutions pour « décarboner l’Europe » et réduire la dépendance aux énergies fossiles. Aujourd’hui ce projet est face à une opportunité, celle d’un questionnement général. Le chantier d’urgence dit « crise(s), climat : vers un plan de transformation de l’économie française » est lancé depuis le début du mois de mai 2020.

I. Les Objectifs

Aujourd’hui les termes de Shift Project prennent tous leur sens. La transition ne peut plus être un processus évolutif sur des décennies ni une révolution brusque mais un basculement dans une période qui le réclame. Ce plan « d’urgence » se veut spontané :

  • Organiser en France un système résilient afin de se prémunir des futures crises notamment liées au dérèglement climatique, au déclin des ressources pétrolières et aux crises sanitaires qui pourraient devenir fréquentes.
  • « Décarboner » l’économie et le système français pour freiner le dérèglement climatique.
  • S’adresser directement à la puissance publique qui se trouve aujourd’hui face à un dilemme pour lui proposer des solutions.
  • Enfin, donner une occasion à tous les acteurs qui se sont prononcés pour la transition de s’activer.

En quelque sorte, ébaucher un pont vers la société de l’après à l’aide des éléments et des acteurs des temps pré-Covid.

II. Son contenu

Ce plan, construit autour des points vitaux de l’économie française cherche à optimiser les performances d’un grand panel de secteurs à l’aide d’un modèle qui réduirait les émissions de CO2 et pérenniserait la production française.

Ces axes explorés à l’occasion du plan se matérialisent dans plusieurs secteurs :

  • Les mobilités du quotidien comme ceux de longue distance, mais aussi le fret afin d’aménager les déplacements et d’adapter les usages.
  • Les infrastructures publiques et des logements rendus sobres énergétiquement et préparés à la résilience.
  • La formation, dans l’enseignement supérieur, la culture et l’administration publique, pour préparer à la transition et apprendre à faire face aux nouveaux défis sociaux et climatiques.

Mais aussi:

  • Une réinvention des industries lourdes, manufacturières et automobiles afin de favoriser le recyclage et la transition vers un type de consommation plus durable.
  • Une transformation de l’agriculture vers un modèle indépendant des énergies fossiles, plus respectueux des sols et une restructuration de la filière sylvicole pour une amélioration de la séquestration de carbone par les forêts françaises.
  • Un bouclage de l’offre et de la demande en énergie et une transition rapide vers des sources d’énergies non-fossiles.

Ce projet engendré par des événements soudains ne peut toutefois pas s’appuyer seulement sur ses partenariats habituels et nécessite des fonds supplémentaires pour pouvoir peser de tous son poids sur les décisions et les décisionnaires. Pour cela, le Shift Project a décidé d’organiser une campagne de crowdfunding sur Lumo et l’idée semble être appréciée puisque sur les 450 000 euros demandés, 400 000 ont déjà été financés.

Serions-nous à l’aube du basculement ?…